Extension XS d’une maison dans le Rhône par Playtime AA

© Studio Erick Saillet




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Les architectes lyonnais de Playtime AA viennent de compléter une extension de maison pour des particuliers à Saint-Didier-au-mont-d’or, ville de 6500 habitants au Sud de Lyon. Cette extension vient se greffer à une batisse bourgeoise et a pour objectif de loger le foyer de la maison avec un espace pour vivre et cuisiner.

Comment étendre une maison bourgeoise du 19° siècle sans la dénaturer, garder une distance juste, sans plagiat ni effet de style ? Pour répondre à cette demande, les architectes de l’agence Playtime ont livré récemment un objet d’orfèvrerie, un bijou. Petit volume métallique blanc, ses lignes épurées sont encore allégées par son décollement du sol. « Glissé » entre deux arbres préexistants à la construction, il a trouvé sa place et profite des belles vues sur le paysage.

Architecture et nature se répondent dans un jeu d’ombres et de reflets changeants qui offrent d’infinies variations à ce cabanon contemporain.

Présence discrète mais efficace

Face à cette maison traditionnelle, la réussite du projet repose sur plusieurs facteurs parfaitement maîtrisés. C’est d’abord le choix d’un volume simple, équilibré, aux lignes épurées dont l’échelle s’harmonise avec la bâtisse. Petit parallélépipède rectangle de 5,50 m par 9,50 m, sa hauteur de 3,60 m est inférieure à celui du rez-de-chaussée. Après avoir testé plusieurs hypothèses, les concepteurs imaginent un espace parallèle à la maison, très ouvert sur ces faces Est et Ouest, complètement occulté au Sud. « Collé » au plus près d’un arbre existant, l’implantation en saillie permet d’aménager une terrasse accessible depuis la cuisine. Les ouvertures sont maximisées. L’embrasure de la structure est dessinée avec des angles et des arrêtes identiques sur les parties basses, hautes et latérales. Elle libère un seuil entre intérieur et extérieur sur lequel on peut se tenir en partie basse et abrite les vitrages sur les autres côtés, en dessinant une ombre.

© Studio Erick Saillet

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« La recherche constante de la plus grande simplicité sur le plan formel et volumétrique a nécessité de dessiner une multitude de détails …. et mobilisé beaucoup de matière grise ! »

Pour gagner encore plus de légèreté, le pavillon est surélevé. Construit sur pilotis et en porte-à-faux, un vide le sépare du terrain naturel. De cette façon, il n’impacte pas le sol. Le même principe de décollement gère son rapport à la maison-mère. Un volume entièrement vitré de plus petite hauteur crée un sas qui sépare les deux parties avec une grande finesse. Il évite l’effet « verrue » défigurante, si fréquente dans le cas d’extension. C’est là que la cuisine est installée. Elle joue un rôle de trait d’union spatial. Ici, on profite des deux points de vue majeurs sur le jardin.

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Enfin, l’utilisation quasiment unique du métal lui donne une texture lisse et de fine épaisseur, qui penche encore du côté léger. « Matériau-peau », cette tôle d’aluminium perforée de couleur blanche rajoute une présence assez abstraite.

Un jeu permanent entre architecture et nature

Dans un site majestueux, architecture et nature se répondent en permanence et la nature devient un élément-clé du projet. Le terrain descend en pente douce et dégage de très belles vues sur les monts du lyonnais. La propriété est très arborée avec des sujets centenaires (platanes, cèdres ….). Le projet s’insère entre les arbres conservés avec prudence.

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Depuis l’extérieur, ombres et reflets transforment le pavillon en un objet changeant suivant les variations de la lumière, le rendant parfois immatériel. L’aluminium pré-laqué blanc (RAL 9010) participe lui aussi à cet effet caméléon en absorbant les couleurs environnantes. C’est le cas, par exemple, au Nord où le jaune de la maison lui donne une teinte champagne. Une microperforation (2,5 mm) réalisée après laquage conserve de minuscules lunules argentées qui créent une impression cinétique.

© Playtime AA

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À l’intérieur, les grandes baies offrent des cadrages et des vues grandeur nature. L’extérieur rentre dans l’espace intérieur grâce à cette grande transparence et donne à ce « refuge » l’illusion d’être une cabane dans les arbres.

« Ce projet d’extension rejoint à la fois l‘image de la cabane dans les arbres, du cabanon, du pavillon, du refuge ou de la folie … dans une écriture contemporaine ».

Simplicité constructive, précision des détails

D’un point de vue technique, l’ouvrage est majoritairement réalisé en filière sèche à partir d’éléments préfabriqués en métal. Une importante fondation en béton permet une structure en porte-à-faux de 4,20 m. Quatre poteaux métalliques de 20 cm capotés d’inox forment les pilotis. Ils sont placés au plus près de la maison existante. La charpente principale, sur pilotis, supporte la structure poteaux poutres. C’est une ossature industrielle classique à base de profils laminés en acier galvanisés, composants du commerce. Toute l’énergie et la difficulté consistent à intégrer l’isolation en maintenant toute la finesse du projet. Une attention particulière a été portée aux détails de mise en œuvre du métal, au dessin des angles et des pliages, au calepinage du bardage … Ce matériau offre une grande précision. Le façonnage, realisé en atelier et ajusté sur le chantier, exige un excellent partenariat avec l’entreprise.

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Plancher collaborant, isolant et plancher chauffant viennent compléter la charpente.

On connaît les avantages de la filière sèche en terme environnementaux (chantier plus rapide avec moins de nuisances, moins consommateurs d’énergie, projets démontables ou transformables). D’autres dispositifs viennent compléter les qualités environnementaux du projet : toiture végétalisée (sédum), sur-isolation pour le confort thermique, plancher chauffant.

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Projet de petite taille, travail d’ensemblier

Dans ce projet de petite taille, les architectes ont dessiné aussi tout le mobilier fixe. La cuisine, les rangements, le raccordement avec la maison ancienne, les détails sont sur-mesure. Ils sont conçus autour de l’usage et de l’ergonomie. Les matériaux choisis sont peu nombreux, en harmonie avec la maison.

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  • Maitre d’œuvre : Playtime AA
  • Maitre d’ouvrage : privé
  • Localisation : Saint-Didier-au-mont-d’or, 69, France
  • Bet structure : HEYBERGER
  • Décoratrice intérieure : Véronique Lemaire
  • Surface de l’extension : 45 m2
  • Budget : 180 000 € HT
  • Photographe : Studio Erick Saillet

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