Nouvelles maisons économiques d’Olivier Darmon aux éditions Ouest France

© Philippe Ruault - Architecte : Christophe Hutin

© Philippe Ruault – Architecte : Christophe Hutin

Le journaliste Olivier Darmon livre son sixième volume de sa collection Archi Pas Chère avec le thème Nouvelles maisons économiques. L’objectif de l’auteur est de démontrer que l’on peut construire à bas coût sans réduire l’aspect esthétique et environnemental du projet.

À travers une quinzaine de projets, il démontre que l’architecture, l’écologie et l’économie se marient parfaitement. Les projets présentés dans cet ouvrage ont été livrés en 2010 ou 2011 pour des budgets allant de 87 000 € à 137 000 € hors frais d’honoraire soit un coût au mètre carré allant de 946 à 1307 €.

© Philippe Ruault - Architecte : Christophe Hutin

© Philippe Ruault – Architecte : Christophe Hutin

Dans son livre, Olivier Darmon cherche à effacer les idées reçues des maîtres d’ouvrages privés lors de la phase de consultation. En témoigne les propos d’Isabelle Thauvel, architecte DPLG et directrice du CAUE du Loiret, les privés se renseignent plus facilement vers une entreprise de bâtiment pour ses travaux que vers un architecte, inconnu et inadéquate pour leur projet (à leurs yeux). Les préjuges sur la profession ne manquent pas, le public oublie souvent la plus-value architecturale qu’un maître d’oeuvre ne sera leur donner. L’auteur n’oublie pas de souligner l’incompétence des promoteurs immobiliers ou plutôt leurs savoir faire à vous vendre un produit qui soit adapté seulement à leur catalogue et à leur portemonnaie.

© Maison Magazine/Manuel Djamdjian/Agnès Zamboni - Architectes : Patrick Partouche & Lin Tanké

© Maison Magazine/Manuel Djamdjian/Agnès Zamboni – Architectes : Patrick Partouche & Lin Tanké

L’auteur n’est pas parti à la seule rencontre des architectes et dressé un article sur leur référence mais il s’est également et d’abord tourné vers le maître d’ouvrage, ces familles pour qui l’architecte n’était pas la personne envisagée pour la construction de leur foyer familiale.

Vous y trouverez quinze projets avec des programmes complexes, souvent très limités en terme de budget ou d’autres limités en terme de surface de parcelle comme la maison de Xavier Fouquet aux abords de Nantes. La maison dessinée par l’agence Guinée et Potin combine à la fois lieu de résidence et lieu de travail, divers programmes qui sont autant de réponses à des besoins précis.

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Mais avant de vous recommander d’acheter le livre, qui reste fidèle aux idées qu’il défend, c’est-à-dire un coût faible, Actu-Architecture a souhaité en savoir plus sur l’auteur de ce livre qui défend le métier d’architecte.

Kévin P. : Vous êtes journaliste de profession. Comment est né votre intérêt pour l’architecture ?

Olivier Darmon : Des voyages et des sensations provoqués par la découverte d’habitats qui m’ont touché : les maisons communautaires des Edê au Vietnam, les barges aménagées de Sausalito en Californie, les villages sur pilotis de la baie de Phang Nga en Thaïlande, des granges du Wyoming,… Ou le modèle urbain assez effrayant de certaines villes dont Phoenix en Arizona.

© Studio Erick Saillet - Architectes : Barrès & Coquet

© Studio Erick Saillet – Architectes : Barrès & Coquet

Kévin P. : Cette envie de défendre ce métier est-elle née d’une expérience vécue, d’une mésaventure avec un promoteur immobilier ?

Olivier Darmon : Non, juste l’expérience commune du spectacle des lotissements en périphérie des villes ! Le premier titre a été conçu fin 2005, époque à laquelle le dispositif Borloo de la « maison à 100 000€ » était très médiatisé, mais principalement sur l’aspect financier et socio-politique du projet : les médias grand public n’évoquaient pas l’architecture de cette maison. Ce phénomène représentait en quelque sorte une occasion à saisir pour faire valoir que les contraintes budgétaires n’étaient pas un obstacle insurmontable à la bonne architecture, bref que la maison de lotissement ne constituait pas une fatalité. Pour ne prendre que l’exemple de la maison Latapie de Lacaton & Vassal (1993), elle avait déjà douze ans d’âge et inspiré plusieurs réalisations. L’objectif était de le faire savoir à un public peu familier de l’architecture.

© Studio Erick Saillet - Architectes : Barrès & Coquet

© Studio Erick Saillet – Architectes : Barrès & Coquet

Kévin P. : Vous auriez pu vous contentez de proposer des projets économiques, hors nombreux concilient l’écologie qui fut au coeur de certains de vos ouvrages. Est-ce simplement pour le lien entre ces deux notions ou est-ce également une volonté de défendre la construction saine ?

Olivier Darmon : Il s’agit d’indiquer qu’économie et écologie ne sont pas contradictoires et devraient être complémentaires. C’est ce que démontrent certains habitats traditionnels par l’emploi mesuré des matériaux disponibles aux alentours, une orientation pertinente, une ventilation naturelle, etc. D’une façon plus contemporaine, les projets présentés dans Archi Pas Chère prennent la relève dans le contexte que nous connaissons : façonné par des modes de vie différents et un appétit de confort accru, mais aussi travaillé par la crise énergétique, la hausse du coût du logement, ou l’exigence de développement durable. Celle-ci génère d’ailleurs souvent des bugs dans la manière dont la maitrise d’ouvrage privée aborde l’écologie appliquée au bâtiment. Le souhait de maison respectueuse de l’environnement est formulé, mais abordé de façon ambigüe, avec des a priori fondés sur ce qui été entendu ici ou là. Selon, la maison bois, la pompe à chaleur, les vitrages ultra performants, etc. sont perçus comme incontournables, comme si les matériaux et les équipements suffisaient à certifier la garantie d’un habitat responsable… En présentant des projets appropriés, le propos des ouvrages consiste plutôt à faire valoir que la démarche la plus pertinente mériterait d’inverser les priorités : confier aux dispositifs architecturaux le soin d’assurer l’aspect durable du bâtiment et faire ainsi l’économie de la technologie et des coûts qu’elle induit.

© Studio Erick Saillet - Architectes : Barrès & Coquet

© Studio Erick Saillet – Architectes : Barrès & Coquet

Kévin P. : Malgré que le livre décrit la démarche architecturale de chaque projet avec ses contraintes et le point de vue du maître d’ouvrage ce qui est moins fréquent, on sent que ce s’adresse d’abord au grand public avec une envie de sensibilisation à l’architecture ?

Olivier Darmon : Ouvrir le grand public à l’architecture est en effet le but, et c’est pourquoi l’angle économique me semblait intéressant puisqu’il concerne tout un chacun. C’est aussi la raison pour laquelle les publications sont centrées sur l’habitat individuel : tous les sondages indiquent que la maison représente encore le « rêve » d’une majorité des français, bien qu’il soit établit aussi qu’il ne s’agit pas du type d’habitat le plus vertueux. En dépit de cette contradiction, souligner que l’architecture n’est pas en soi élitiste permet de nouer un lien avec un public enclin à considérer que l’architecte est réservé « aux riches », ou aux édifices publics, et cette relation est mise à profit pour traiter d’architecture à travers la présentation de projets modestes par leur échelle et leur budget en pointant les exigences ayant guidé leur réalisation.

En attendant la sortie du prochain opus, vous pouvez vous procurez le livre dans votre librairie habituelle ou sur la Fnac  pour seulement un euro par projet.

  • Titre : Nouvelles maisons économiques
  • Maison d’édition : Ouest France
  • Auteur : Olivier Darmon
  • Pages : 141 pages
  • Format : 19 x 19 cm
  • Poids : 428 g
  • ISBN-13 : 978-2737352393
  • Date de sortie : 13 septembre 2012
  • Prix : 15 €

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