Un campus habité pour une ville sensorielle, par N+B Architectes, CD Architectes, Hitoschi Abe à Montpellier

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

 

Lancé en juin 2010 par le PRES UMSF, l’agence N+B Architectes, lauréate ex-æquo avec l’agence Hargreaves nous présente son projet de campus à Montpellier. La ville souhaite développer ses équipements universitaires avec une capacité d’accueil de 53 000 étudiants et de 3200 enseignants et chercheurs. Avec cet équipement, la ville souhaite se hisser parmi les 100 places mondiales. Le projet sera financé par l’État à hauteur de 325 000 000 €, la région à 162 500 000 € et de la ville à 60 000 000 €. Notons que vous pouvez visiter à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine au Palais de Chaillot de Paris jusqu’au 14 novembre les travaux de l’agence avec les cinq autres projets qui étaient en liste.

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

Les 3 écologies : une pensée fondatrice pour la constitution d’une nouvelle urbanité

Le Campus de la ville de Montpellier fait état d’une double problématique. D’une part, celle que le Campus ne constitue pas un lieu d’urbanité dans la mesure où son caractère morcelé rend compte d’une multiplicité d’archipels inhabités et désertifiés en dehors des temps et des fonctionnements universitaires. De l’autre, celle liée aux nouvelles préoccupations environnementales au jour du développement durable. Répondre à ces spécificités du Campus pour l’Université Montpellier Sud de France engageait dès lors une prise de position claire, affirmant la nécessité de repositionner l’Homme au centre de la constitution de la ville et d’œuvrer pour un urbanisme sensoriel constitutif d’une urbanité contemporaine.

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

Le projet se structure certes à partir du développement durable, mais son champ conceptuel se fonde à la lumière de la pensée du philosophe Félix Guattari qui pose en 1989 les modalités de définition de Trois Écologies : écologie environnementale, mentale et sociale. L’écologie environnementale se réfère bien évidemment à la question des ressources naturelle, mais elle se pose essentiellement comme stratégie qui valorise la spécificité au regard de la norme, qui recherche la localité comme valeur d’ancrage face à la mondialisation. Elle fait en ce sens appel à l’identification des spécificités d’un territoire, celui du Sud et de la méditerranée, défini par son climat, ses matières et ses pratiques de l’espace. L’écologie mentale cherche quant à elle à se départir des dualités existantes pour se constituer en une pensée globale à même de relier les éléments entre eux. Elle se pose à l’articulation entre individuel et collectif, entre ville et université pour produire des dispositifs participant de la redéfinition des modalités du vivre ensemble. Enfin, l’écologie sociale se comprend en tant que lien structurant entre la ville et l’Université. Il ne s’agit nullement d’ouvrir l’université à toute la ville, mais de travailler à un épaississement des limites existantes afin que les frontières se transforment en lieux habités, renouant ainsi avec l’histoire de Montpellier établissant l’universalité de l’université ouverte sur la cité. C’est en ce sens que le projet pose une articulation dynamique entre l’Université et Ville.

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

Des pôles d’intensité dans un réseau distribué

Travailler à partir des Trois écologies associées aux Trois piliers du développement durable permet d’assoir la constitution de structures non pas fixes et figées mais au contraire propices à l’articulation de dispositifs urbains ouverts dénommés « Pôles d’intensité ». Ces pôles d’intensité prennent naissance à la croisée des Trois écologies afin de générer des lieux de programmation spécifique répondant tant aux attentes des universités qu’à celles des habitants de la ville. Ils favorisent la mixité sociale en dynamisant la création de nouveaux logements ainsi que l’implantation d’équipements de proximité utilitaires, culturels ou sociaux. Les pôles d’intensité se conçoivent en ce sens dans une prise en compte de l’échelle de proximité dans la ville. Loin de pouvoir se comprendre en tant qu’entités autonomes inscrites de manière éparse sur le territoire, les pôles d’intensité interagissent entre eux au travers d’une mise en réseau. Ici, il s’agit d’articuler un réseau distribué, assurant une relation flexible des pôles d’intensité entre eux et une nécessaire interrelation.

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

Une nouvelle cohésion territoriale

La définition des pôles d’intensité se conçoit comme mise en place d’un dispositif plutôt que d’une composition urbaine figée et purement formelle que toute considération prospective risquerait de voir condamner d’obsolescence. La flexibilité du contexte urbain, en tant que condition même à intégrer dans l’élaboration d’une vision stratégique à long terme, appelait dès lors à la conception de bâtiments proposant des programmations hybrides, articulant activités et temporalités différentes.

C’est ainsi que 8 pôles d’intensité aux programmations spécifiques ont été déterminés :

  • Pôle de la Cité : une nouvelle image de l’Université Montpellier Sud de France
  • Pôle des loisirs urbains : les loisirs en tant que vecteur de rencontre
  • Pôle de l’agronomie et de la biodiversité : une nouvelle place pour la nature en ville
  • Pôle de la communauté de l’eau : l’incarnation de l’excellence de la recherche
  • Pôle de l’interdisciplinarité : le lieu du croisement des cultures
  • Pôle de la connaissance partagée : la fusion des universités au travers de l’Atrium
  • Pôle de la santé : l’affirmation de l’excellence des hôpitaux de la ville
  • Pôle des sciences et du sport : la mise en valeur du sport en tant qu’enseignement

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

Une « esplanade de la connaissance » en coeur de campus

Une attention spécifique a été portée au site Coeur de Campus, vaste espace réunissant l’actuel faculté des sciences et faculté des lettres ainsi que le pôle Chimie Balard. Afin de constituer une unité urbaine porteuse propice à la création d’une urbanité contemporaine, la requalification d’une section de la route de Mende comprise entre la place de la voie Dominitienne et l’Avenue du Professeur Emile Jeanbrau a été proposée. Cet espace urbain, parcouru par la 5ème ligne de tramway, sera entièrement dédié aux déplacements doux (piétons, tramway, piste cyclable). L’« Esplanade de la Connaissance » ainsi qualifiée se constituera en tant qu’élément fort à même de créer les connexions nécessaires entre les universités tout en générant une nouvelle entrée à l’Université Montpellier Sud de France. Dans cet espace ouvert à tous prendra place l’Atrium, bâtiment à forte valeur identitaire axé sur la connaissance partagée.

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

© N+B Architectes ; CD Architectes ; Hitoschi Abe

  • Maître d’oeuvre : N+B Architectes ;CD Architectes ; Hitoschi Abe
  • Maître d’ouvrage : PRES- Université Montpellier Sud de France
  • Localisation : Montpellier, 34, France
  • Paysagiste : + 2 Paysage
  • Ingénierie : SOCOTEC Ingénierie
  • Surface : 840 hectares
  • Budget : 547 500 000 €
  • Résultat de concours : 18 octobre 2010
  • Date de livraison : 2015 (première tranche) 2017 (dernière tranche)

 

Choix techniques :

Certification :

Programme :

Surface du terrain :

Surface du projet :

Budget :

Localisation :

Cliquez sur les fabricants des produits et matériaux du projet pour mieux les connaître :

Cliquez sur les entreprises du projet pour mieux les connaître :

Lancez la galerie du projet en cliquant sur les images :