Cité des affaires de Saint-Etienne par Manuelle Gautrand Architecture.

© Vincent Fillon

La « Cité des Affaires » de Saint-Etienne se situe sur l’Ilot Grüner dans le quartier de Châteaucreux, elle est l’oeuvre de l’agence Manuelle Gautrand. Longée par le tram, la cité se situe entre le centre-ville historique et de Chateaucreux-Sud. Le bâtiment a pour vocation de recevoir diverses collectivités territoriale dont le siège de Saint-Etienne Métropole et les services fiscaux. L’objectif de la ville de Saint-Etienne est de regrouper un ensemble de services publics et de créer une cité administrative. Cet immeuble pourra en tout accueillir 1500 employés, répartis sur les 8 niveaux du bâtiment. En sous-sol, on retrouve un parking d’une capacité de 402 places. Il est aussi une vitrine des services publics, face à la vitrine privée représentée par le Groupe Casino. Le projet s’engage également sur des aspects environnementaux que je vous propose de découvrir après la pause.

© Manuelle Gautrand Architecture

© Manuelle Gautrand Architecture

L’idée de l’architecte a été de développer un bâtiment continu et identifiable. Le projet s’implante sur la quasi-totalité du terrain, se déroulant comme un continuum bâti, irrégulièrement implanté, tantôt posé au sol, tantôt en élévation au-dessus du sol. « Nous voulions à tout prix éviter de créer une forteresse alignée sur les voies, fermée aux passants et étouffante par sa densité, ce qui n’était pas non plus l’objectif de la Ville, qui énonçait la nécessité d’imaginer un « îlot à tendance libre », indique l’agence. Elle a donc créé un bâtiment à la forme d’un serpent aztèque, exprimant l’idée de légèreté du projet mais également une unité de ce dernier. L’alternance de bâti forme trois portes, la porte principale s’ouvre sur le parvis coté Avenue Grüner, permettant aux piétons de se laisser guider et de se glisser dans l’intérieur de l’îlot. Le projet est donc en équilibre entre l’unité et la continuité de l’édifice d’une part, la fragmentation et le pliage de ce continuum bâti d’autre part.

© Manuelle Gautrand Architecture

© Manuelle Gautrand Architecture

L’idée au travers de ce continuum bâti a été d’imaginer un principe de vases communicants, le projet n’est aucunement délimité, chaque administration peut s’agrandir ou diminuer sa surface. Cette flexibilité répond à l’évolution éventuelle de ces structures. Cette unité permet tout de même de délimiter les différentes structures administratives. Les structures sont soit installées dans « un plat » soit dans une « porte ». Ces halls sont travaillés pour être de véritables lieux de design, représentatifs et marquants. Par leur traitement très coloré, ils attirent et constituent des lieux repérables dans le projet.

© Philippe Ruault

La façade a été traitée de deux manières différentes, la première se rapporte aux trois façades extérieures délimitées par un vitrage clair et translucide, la seconde concerne surtout l’intérieur des portes qui est réalisé avec du béton banché avec une teinte gaie et lumineuse de couleur jaune. Les ouvertures sont des baies vitrées ponctuelles, disposées de manière aléatoire dans ce grand aplat de jaune. Ce traitement des façades met également en avant ce bâti serpenté. La couleur jaune permet aussi de réfléchir sur les façades une lumière dorée à l’intérieur de la cour étroite. Cette gaieté ne peut rendre indifférent le piéton qui sera tenté d’entrer dans cette cour pleine de soleil.

© Vincent Fillon

Outre son point de vue esthétique, la façade est aussi performante du point de vue environnemental. Le principe des façades est fondé sur la complémentarité d’une peau vitrée et d’une peau minérale où chacune d’elle remplit sa fonction, et sur la variation des performances énergétiques, thermiques et spectrophotométriques de l’enveloppe, suivant les différentes orientations géographiques et urbaines du projet. Pour répondre à des qualités HQE, l’agence a utilisé des doubles vitrages de 16 mm avec lame d’air d’argon, l’alternance de modules vitrés et opaques permet d’atteindre un Ucw de 1,5 W/m²K. Un principe constructif du mur rideau qui est basé sur une structure constituée de cadres préfabriqués indépendants réalisés à base de profils fins en aluminium à rupture de pont thermique, permettant de parfaitement maîtriser la perméabilité à l’air de celui-ci. Le choix des vitrages a également pris en compte la luminosité, ils sont différents selon leur exposition au soleil. Leurs différentes implantations contribuent à la performance du bâtiment.

© Vincent Fillon

Inscrit dans un parallélépipède de 108 mètres de long sur 44 mètres pour 35 mètres de haut, le bâtiment offre deux porte-à-faux de 19 et 25 mètres. Ce parallélépipède est évidé à différents endroits pour créer des toitures-terrasses, une rue intérieure, un parvis et deux porches de 20 mètres de larges. Dans les parties « pont » du bâtiment, les planchers hauts et bas du niveau inférieur sont constitués de solives en acier et de bacs collaborant à une dalle de compression en béton armé, et reposent sur les quatre poutres-treillis. L’ossature du porte-à-faux est composée d’une charpente acier et de planchers en bacs collaborant à une dalle de compression en béton armé sur solives en acier. La charpente acier assure la rigidité du porte-à-faux dans ses deux directions (porte-à-faux principal dans l’axe de l’aile Montat et porte-à-faux secondaire dans l’axe perpendiculaire à l’aile Bérard) et le report des charges vers les voiles et les noyaux en béton armé des bâtiments, reposant sur les infrastructures en extrémité des ailes Montat et Bérard. L’ensemble de la structure repose sur une trame de pieux qui s‘ancre dans le substrat schisteux à schisto-gréseux.

© Philippe Ruault

  • Maître d’oeuvre :Manuelle Gautrand Architecture
  • Chef de projet chantier : Thomas Daragon
  • Chef de projet études : Yves Tougard
  • Maître d’ouvrage : Altéréa-Cogedim
  • Localisation : ilôt Grüner – ZAC Châteaucreux, Saint-Etienne, 42, France
  • Ingénierie structure : Khephren
  • Ingénierie façades : Arcora
  • Maîtrise d’oeuvre d’exécution : Debray Ingénierie
  • Gros-oeuvre : groupement Pitance-Lamy
  • Charpente métallique : Baudin-Châteauneuf
  • Façades : Allouis
  • SHON : 25.000 m²
  • Date de concours : 2005
  • Date d’étude : 2006-2007
  • Date de chantier : 2008-2010
  • Date de livraison : septembre 2010
  • Photographe : Philippe Ruault, Vincent Fillon

 

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