MAS à Anvers en Belgique par Neutelings Riedijk Architects

Photo Sarah Blee / © Neutelings Riedijk Architects

Le MAS (Museum Aan De Stroom) se situe dans le quartier d’Eilandje, le nom du quartier signifie qu’il est entouré d’eau, ce fut le premier quartier bâti hors de l’enceinte des espagnols aux XVI siècle. Le MAS est l’oeuvre du cabinet néerlandais Neutelings Riedijk Architects. Le nouveau bâtiment se pose sur l’ancien siège économique de la ville portuaire, le Hansahuis, brulé en 1893. Suite à la baisse d’activité du port, le quartier a été dépeuplé au fil des années, c’est donc une volonté de réhabilité ce quartier qui a conduit la ville à choisir cet emplacement. Cet espace urbain est depuis une dizaine d’année objet d’un renouvèlement urbain dont l’aménagement des quais est mené par l’architecte-paysagiste Michel Desvigne. Un parking sous-terrain a été construit de sorte à libérer les quais des voitures.

© Neutelings Riedijk Architects

Le bâtiment a été conçu comme une tour traditionnelle de 62 mètres. Les architectes ont effectué une rotation de 90° à chaque étage. De lourdes plaques en pierre de sable venue d’Inde revêtissent le musée, témoignant de la richesse historique de ce lieu. La visite retrace l’histoire de la ville alors que les salles offrent un large panorama sur la ville moderne. Le visiteur est amené à suivre un parcours en spirale autour des deux colonnes d’escalier. Une fois arrivé au dernier niveau, un restaurant et une salle de réception sont à la disposition du visiteur. La toiture du bâtiment est accessible, offrant une vue panoramique sur la ville actuelle et sur le fleuve l’Escaut. Le revêtement de la façade évoque une sculpture monumentale, les quatre coloris ont été répartis selon un modèle développé à l’ordinateur. Cet effet massique est contré par la légèreté et la transparence du verre ondulé. Un ornement métallique de la forme d’une main s’insère sur la façade et se retrouve à l’intérieur du bâtiment en clin d’oeil à la ville d’Anvers. La place aménagée avec le même matériau que la façade permet de prolonger l’espace culturel et d’accueillir des expositions en plein air.

© Neutelings Riedijk Architects

Les différents services tels que le pôle d’information ou l’atelier pour enfants sont agencés au rez-de-chaussée. Le second étage abrite les bureaux puis les étages suivants constituent les galeries et sont identiques. Chaque galerie est divisée en six espaces de différentes tailles. La salle principale est noire de manière à laisser libre cours aux scénographies. Le noyau de la tour constitue les espaces logistiques du musée, un niveau intermédiaire se loge à chaque étage pour le local technique de ventilation des galeries. Les pavillons font partie intégrante du projet, ils guident les piétons vers le centre-ville. Ils servent essentiellement à des activités commerciales comme la boutique du musée. L’agencement intérieur est très flexible, il laisse une liberté aux conservateurs ou scénographes. La scénographie actuelle du musée est l’oeuvre de l’agence B-Architecten.

Photo Sarah Blee / © Neutelings Riedijk Architects

Du point de vue structurel, le bâtiment repose sur le noyau de 12 mètres par 12 coulé en place. Les planchers viennent s’accrocher sur ce dernier créant ainsi un porte-à-faux de 12 mètres. L’ossature est constituée de cadres, ils reprennent les éléments de façades. Le passant a donc l’impression de voir flotter les voiles de façades. Les voiles extérieurs sont réalisés en préfabriqué avec des éléments de 6 mètres de haut par 1,80 mètres de large. La peau visible de ces éléments reflète des planches de bois verticales, dû à la matrice des moules. Tous les bétons apparents ont été revêtus d’un tissu teinté de couleur jaunâtre, donnant l’impression d’avoir un béton altéré. Les pierres d’un mètre par soixante centimètres proviennent d’Agra en Inde. Les architectes ont eu pour objectif de briser les surfaces de façades en variant les coloris des éléments. Le caractère monolithique du bâtiment est atténué par l’ondulation des baies. Les éléments en verre mesurent 5,50 mètres de haut par 1,80 mètre de large avec une courbure de 60 centimètres. Ce profilé augmente la stabilité des verres, remarquons l’absence de profilés métalliques à la base des baies. Une ceinture tubulaire assure les efforts dus aux vents, les différents panneaux se soutiennent mutuellement et permettent d’atteindre une hauteur de 11 mètres dans les angles.

Rez de chaussee

© Neutelings Riedijk Architects

Toute construction moderne se doit d’être respectueuse de l’environnement. La notion de développement durable figurait dans le programme. Au lieu d’appliquer les exigences de manière strictes dans le bâtiment, l’agence a préféré raisonner localement en créant des zones climatiques. Les salles sont maintenues à 22°C avec un taux d’humidité égal à 55%, ce choix vise à mieux conserver les pièces du musée. Les grands espaces n’ont pas de restriction particulière, la température suit celle des saisons, elle peut donc varier de 12 à 30 °C. Le système de ventilation met en relation les deux types de locaux afin de réduire les besoins énergétiques. Ce système est également couplé avec la station de Bonapartedok afin de mettre l’eau de mer à contribution. Chaque niveau possède son propre local de gestion énergétique, on peut donc réguler la température localement.

© Neutelings Riedijk Architects

Galerie d'images, liste des intervenants et infos diverses en bas de page.

INFO DU PROJET

Entreprise du projet :

Calendrier du projet :

  • Date de concours : avril 2000
  • Début de construction : octobre 2006
  • Date de livraison : février 2010

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Programme :

Localisation :

Certifications :

Fabricant du projet :

Chiffres clefs :

Budget :

33409000

Surface :

19557

Parcelle :

Désolé, aucun fabricant ne s'est manifesté pour ce projet.

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